Texte du Père Lucien Aurard lu lors de la messe dominicale du 17 mars 2013 à Apt

” Nous portons à votre connaissance un texte du père Lucien Aurard qui a été lu au début de la messe dominicale de la paroisse d’Apt, le 17 mars dernier et qui, selon nos informations, a été applaudi.
Nous déplorons , comme lui, qu’une lecture étriquée d’une recommandation romaine empêche que soit célébrée largement la miséricorde du Seigneur.
L’exemple donné par notre nouveau pape François nous invite à sortir du ritualisme et fait naitre en nous l’espérance que seront élargies les manières de vivre en Eglise
Ce texte est publié avec l’accord de son auteur que nous remercions de sa confiance.”

L’équipe CEV

Mes amis, mes frères,
Beaucoup parmi vous sont venus ce matin  parce que nous devions vivre, ensemble, en Eglise, une grande célébration de la réconciliation et recevoir le sacrement de la réconciliation.

Ce cinquième dimanche de carême est, en effet, devenu pour beaucoup parmi nous un rendez-vous important sur la route qui nous conduit vers Pâques.

Nous n’allons pas faire cette célébration et nous n’allons pas recevoir, ce matin, le sacrement de la réconciliation. Notre évêque m’a appelé vendredi matin. Il était, m’a-t-il dit, en conseil épiscopal élargi. (C’est-à-dire avec les membres de son conseil et les doyens). La totalité de ce conseil, m’a-t-il dit, était, avec lui, comme lui, opposé à ce genre de célébration.

Je sais que notre évêque n’approuve pas cette célébration que je vous propose et qui est le fruit du travail fait avec un autre prêtre spécialiste en liturgie pour essayer de bien servir l’attente des chrétiens désireux de vivre en vérité et profondément le sacrement de la réconciliation avant de célébrer les fêtes de Pâques.

Depuis 2004, chaque année, je dois m’expliquer, plus ou moins fermement, sur le contenu de cette célébration et sur des arguments avancés qui ne sont pas dans la célébration. Chaque année reviennent les mêmes arguments. Chaque année je fais les mêmes mises au point. Et chaque année, il faut recommencer. Je le fais chaque fois parce que je crois aux qualités pastorales de cette célébration et parce que, à Saint Ruf, lorsque j’étais à Saint Ruf et, ici, à Apt, j’ai toujours eu le soutien de l’équipe des prêtres et de nombreux laïcs.

Cette année, l’équipe de prêtres a beaucoup changé chez nous. Eugène Carrara nous a quittés et François Marie Fève est maintenant à Pertuis. Cette année surtout, notre évêque m’avance un autre argument :

Dans le MOTU PROPRIO  “MISERICORDIA DEI” du Pape Jean-Paul II, du 7 avril 2002 il est écrit, au paragraphe 76,  que « Selon la très ancienne tradition de l’Église romaine, il n’est pas licite d’unir le Sacrement de Pénitence à la sainte Messe pour en faire une unique action liturgique. »

Les choses sont clairement dites et me voilà dans l’impasse.

Dans l’impasse si l’on en fait une lecture étroite. En effet notre célébration a lieu un dimanche, à l’heure de la messe et pendant la première partie de notre célébration dominicale.

Ce n’est pas une impasse si on en cherche une lecture ouverte. En effet, il faut éviter qu’un sacrement « étouffe » l’autre. Il ne faut pas que la célébration du sacrement de la pénitence prenne le pas sur l’Eucharistie au point d’en faire une unique action liturgique.

Mais ce n’est pas le cas, ici. De plus cet argument s’impose aussi pour tous les autres sacrements. Ne faut-il pas avoir ce même souci, disons d’équilibre, avec un baptême fait pendant la messe. Faut-il accepter de dire la messe lorsqu’il y a sacrement de mariage ? Ne faudrait-il pas que notre évêque se demande s’il a le droit d’unir en même temps le sacrement de la confirmation et l’Eucharistie. Nous avons évidemment le devoir de l’intelligence pastorale. Mais, de toute façon, rien n’arrête jamais les mauvais procès.

Mes amis,
J’arrête aujourd’hui cette initiative pastorale que je proposais à Saint Ruf, et ici, à notre communauté chrétienne d’Apt.
Je demande votre indulgence et vous prie d’avoir la gentillesse de m’en excuser.

Je le fais essentiellement parce que notre évêque m’a précisé qu’il y avait avec lui et en accord avec lui la totalité du conseil épiscopal élargie. Etait donc rassemblé autour de l’évêque le visage le plus officiel de l’Eglise diocésaine.

Je ne veux pas, je ne peux pas, je ne dois pas me permettre de mettre sur notre route vers Pâques une célébration qui serait en opposition évidente, manifeste avec l’Eglise diocésaine. Ma joie, ma fierté, mon honneur c’est d’être dans une communauté chrétienne qui sert et servira toujours la communion de notre Eglise.

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