Résultats Travaux Groupe n° 1 au 20 février 2012 version non synthétisée

Chrétiens en Vaucluse

Travaux des groupes de travail

Groupe N°1

 

Groupe 1 :

Les rôles de l’Evêque, des prêtres, des diacres  et des laïcs

Objectifs : Examiner les textes qui fondent la répartition des rôles et les confronter à notre réalité.

Cf. les textes de Vatican 2 ; le droit Canon et autres textes.

Examiner notamment  comment ont fonctionné les instances de régulation au sein de l’Eglise d’Avignon depuis 8 ans (régularité, des réunions, comptes rendus, modalités de désignation, suivi des décisions)

 

Observation : le groupe de travail s’est réuni une dizaine de fois et a largement échangé sur la situation actuelle. Des équipes paroissiales ont été rencontrées, des prêtres, diacres. Des références de lectures (extraits de Vatican 2, textes du droit canon, analyses de théologiens, articles de presse, ouvrages spécialisés, textes d’autres mouvements en France qui ont engagé les mêmes réflexions).

Ces échanges ont essentiellement nourri les membres du groupe de travail et les ont fait progresser dans la compréhension de ce qui se joue actuellement.

Le groupe souhaite au final au-delà des quelques éléments qu’il peut rapporter ici que la réflexion qu’il a commencé à faire traverse toute l’église diocésaine et soit conduite dans un esprit d’ouverture. Des moyens conséquents devraient être préposés pour conduire un tel «  champ de réflexion » mais cela en vaut la peine et cela devient même urgent.

 

I- Une réflexion  sur la mission de l’Eglise ( synthèse des réflexions, lectures, conférence de Christian Salenson à qui nous empruntons beaucoup)

 

 

 1-1/ Le dessein de Dieu

 

L’être du Père : être la source, inaccessible comme toutes les sources. L’amour dans sa source, source de la vie, de l’amour, du pardon. Si on voit qu’il y a un fleuve, vous savez qu’il y a une source. Mais on ne voit jamais la source, on voit juste le plus haut du ruisseau.

 

La mission du Fils : Nazareth. Mais il n’y a pas de limite à cela. C’est le Verbe. Le Verbe éternel. Il tient le monde.

 

Mission de l’Esprit, la voie secrète de Dieu : établir la communion. Etablir  la ressemblance en jouant avec les différences.  Il fait la différence et utilise les différences pour nous faire grandir.

 

Le Christ se donne aussi à connaître dans d’autres traditions religieuses parce que le Christ est plus grand que Jésus de Nazareth. C’est lui qui nous saisit. Il ne nous a pas laissé les clefs avant de partir. Il continue son action dans le monde. La mission de Dieu continue par les deux bras du Père que sont le Fils et l’Esprit.

 

Paul VI (Ecclesiam suam) a défini la révélation comme un long dialogue d’amour entre Dieu et les hommes.

 

Le Verbe de Dieu n’est pas enfermable, il éclaire tout homme. Le Christ traverse les cultures, les religions.

Christ. Le Christ n’appartient pas à une église particulière.

 

Le Christ nous saisit, on ne peut pas le retenir (Marie Madeleine)

 

La mission de Dieu se poursuit dans le monde, soulève les peuples. Le Verbe éternel parle encore au monde.

 

Tout se poursuit par le Verbe et par l’Esprit. C’est un dialogue d’amour. Dieu ne cesse d’entretenir un long dialogue d’amour, source et origine. Un long dialogue de Dieu avec les hommes. Dieu s’auto communique.

 

1-2/ La mission de l’Eglise :

 

Le but de la mission de l’Église, ce n’est pas l’Église, c’est le royaume de Dieu, dont elle est germe, signe et instrument.

 

Elle doit être au service du royaume de Dieu, elle ne doit pas être tournée vers elle-même. Se compter c’est un péché (cf. le péché de David : dénombrer le peuple- 2S

SA 24. )

 

Le premier signe de Jésus : les noces de Cana : les noces de Dieu et de l’humanité. Le désir de Dieu est de rassembler tous les hommes. Le Christ permet l’Alliance, que l’eau soit changée en vin puis en son sang. Tout ce qui est dit de Marie doit pouvoir être dit de l’Eglise et inversement. : « Ils n’ont plus de vin ».

 

Elle va intercéder, et puis dire : «  faites tout ce qu’il vous dira » et non « ce que je vous dirai ».

 

La mission de l’Église doit être humble et nécessaire. Elle doit être préoccupée du royaume de Dieu, pas d’elle-même. Quand l’Église se préoccupe d’elle même, elle porte déjà les stigmates de la mort.

 

Le rôle de l’Eglise n’est pas de s’opposer, mais de  tenir la main des autres croyants. Prendre par la main. Être signe de l’unité des hommes entre eux. Cf. rassemblement des religions convoqué à Assise par Jean-Paul II, pour prier ensemble le 22décembre 1986.

 

Cardinal Ratzinger (1992) : à propos de la nouvelle évangélisation. Une tentation d’être impatiente. Ne pas chercher le succès. La parabole du grain de sénevé doit être notre feuille de route. Les choses importantes commencent par une petite graine.

 

Se convertir, ce n’est pas changer de religion, C’est se tourner vers Dieu

 

La conversion, c’est Dieu d’abord qui se tourne vers l’homme. Il y a un penchant de Dieu vers l’homme.

 

La mission, art de la rencontre de l’autre. Marie rencontre d’abord Elisabeth et ensuite elle dit le Magnificat : la rencontre fait découvrir ce que l’on croit.

 

L’apôtre c’est quelqu’un qui va essayer de vivre humblement de la rencontre.

 

La mission c’est vivre la fraternité universelle. Sans limite. Dire « Notre Père », sans aucune exclusive.

 

La seule prière dans l’Évangile que Dieu ne reçoit pas est celle du pharisien qui se regarde et admire ce qu’il fait.

 

Quand nous disons « Notre Père » nous ne nous adressons pas au Père des catholiques, ni même des Chrétiens. Nous le disons en tenant la main de tous les autres hommes.

 

Le Christ nous prend pour être ses amis. Porter en nous la vie du monde. Tenir par la main les autres. Une fraternité sans exclusive. Etre des sacrements dans le monde.

 

1-3/ La question du témoignage pour notre temps :

 

C’est d’abord ce qui se voit. Le témoin ce n’est pas celui qui sait, mais celui qui a vu. C’est de vivre et de voir ce qui est de beau dans le monde.

 

La mission n’est pas une entreprise de ceux qui savent vers ceux qui ne savent pas. A Vatican II, l’Eglise s’est définie comme sacrement. Or un sacrement, c’est le signe efficace d’une réalité en devenir, celle de l’unité de l’humanité.

 

Mais un contre-signe, cela peut faire beaucoup de mal. Il s’agit de « marcher humblement avec son Dieu »

 

Le témoignage de vie est plus important que le don de la parole. C’est le christ qui permet l’alliance. La volonté du père c’est que les hommes soient sauvés.

 

Jésus c’est le Christ. Mais le Christ est plus grand que Jésus. Le Christ est à voir dans la totalité de l’histoire.

 

Avoir foi dans la mission de l’Eglise. Compagnonnage du Christ. Etre planté avec lui au milieu du monde.

 

Ne pas faire l’impasse sur l’altérité. L’autre est autre. On a peur de l’altérité. Et pourtant c’est une chance pour notre temps.

 

L’Église c’est la communion des saints. Voir dans l’Apocalypse. Il nous faut avoir une vision très large. Il s’agit de rendre visible la communion des saints ici.

 

Ne passons pas trop de temps et d’énergie aux questions de fonctionnement institutionnelle de l’Église. Laissons. Allons sur les vrais enjeux et la vraie Mission que nous tenons du Christ.

 

Proposition de CEV : ouvrir un vaste débat et des échanges sur ce que doit être la mission de l’Eglise dans l’annonce du royaume. Créer les événements, mettre en place les formations, provoquer les rencontres sur ce thème. Mettre en place des groupes de travail et de lecture tels que les groupes «  Joseph Moingt ». Créer l’échange et la confrontation. L’évêque parlait d’ecclésiologie

 

Se saisir du 50eme anniversaire de Vatican II pour ouvrir un vaste chantier de réflexion sur le rôle et la place de l’église dans le monde

 

II- Les rapports Prêtres /Laïcs sont à reconstruire dans un dialogue et un échange permanent : Verbatim de prêtres interrogés dans le cadre des travaux du groupe. Il s’agit de remettre le Laïc au centre des dispositifs afin de les mettre en situation de travailler à la mission d’annoncer le royaume. Le prêtre au service de la communauté.

 

« Il faut que des laïcs puissent animer des communautés chrétiennes même en hors de la présence de prêtre. »

 

Passer d’une relation à sens unique à une relation partagée.

 

« L’Eglise n’est pas à elle-même sa propre fin, c’est l’Eglise des hommes et pour les hommes » Paul VI.

 

Tous ont une place et doivent l’assumer, chacun à la sienne. Comment respecte-t-on le savoir et la science des autres pour permettre de mieux dire l’Evangile et à l’Eglise de mieux resplendir la lumière du Christ ?

 

Il y a différentes manières de penser en tant que chrétiens, mais en aucun cas on ne peut faire  l’impasse sur l’humanité de l’homme. Parce que c’est aussi celle de Jésus, et par voie de conséquence, celle de Dieu, le lieu où Dieu se dit et se communique à l’humanité.

 

Comment est ce que je restitue ce que je suis, mon métier, pour annoncer l’Evangile : c’est-à-dire pour être moi-même bon pasteur au près des autres ?  Voir Vatican II : « L’attente de la terre nouvelle, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller ; le corps de la nouvelle famille humaine y grandit, qui offre déjà quelque ébauche du siècle à venir… Si l’Esprit appelle certains à témoigner ouvertement du désir de la demeure céleste et à garder vivant ce témoignage dans la famille humaine, il appelle les autres à se vouer au service terrestre des hommes, préparant, par ce ministère, la matière du Royaume des cieux. »

 

Il faut s’alimenter de la Bible.

 

L’œuvre du Chrétien est de rendre compte d’un lien de fraternité, d’immédiateté.

 

« Les laïcs rendus participants de la charge sacerdotale, prophétique et royale du Christ assument, dans l’Eglise et dans le monde, leur part dans ce qui est la mission du peuple de Dieu tout entier »  Gaudium et Spes Laïcs 2

 

«  Les Laïcs tiennent de leur union même avec le Christ Chef le devoir et le droit d’être apôtres » Id. 3

 

Les prêtres doivent écouter les laïcs.

 

« Nous mettre joyeusement et sérieusement au travail sur la route où l’Eglise marche depuis plus de 20 siècles pour que la doctrine devienne intelligible ».

 

« C’est le baptême qui donne un regard libérateur ; tout chrétien doit vivre cette libération.

Auparavant, seuls les clercs savaient lire et écrire, ils étaient donc plus puissants.

Chez les protestants c’est le conseil qui décide, le pasteur, lui, rend des comptes à la communauté qui le paie. Chez les catholiques les prêtres n’ont pas de compte à rendre à la communauté.

Les laïcs devraient plus prendre en charge les différents problèmes de la paroisse.

Les laïcs doivent vivre un combat qui empêche les prêtres et les pasteurs de se dérober.

On ne va pas au temple, on devient temple !

Pour faire vivre les paroisses il faut des chrétiens tournés vers l’extérieur : avancer seul c’est avancer mal.

Dans l’histoire de Zachée, le Christ est étouffé par ses proches, lui Zachée est prisonnier de son entourage ; et en fait c’est ce peuple cabossé que Jésus vient appeler.

Jésus dit souvent : « Va ! »

 

A travers sa manière d’être Jésus montre les  limites du pouvoir religieux et politique qui peut isoler les plus petits : cf. le lépreux, l’épisode des enfants, etc. »

 

Souhait : que les laïcs soient des saints: des artisans du Royaume de justice, de paix, d’amour et de vérité et cela en le construisant aujourd’hui.

 

En vivant une vie évangélique, chacun selon son chemin et dans son état de vie. Pour un couple c’est d’abord dans sa vie d’homme par rapport à sa femme et la femme par rapport à l’homme, et les fruits s’en ressentiront chez les enfants et dans l’entourage.

 

Le prêtre configuré au Christ fait face à l’Eglise épouse, il n’y a aucune suprématie, les rôles sont différents. Comme dans un couple l’homme  de plus en plus homme et la femme de plus en plus femme mettant les différences en avant pour une plus grande complémentarité commune ; du coup chacun fait l’autre.

 

En tant que prêtre j’attends des laïcs : soutien, exhortation, correction, dans un dialogue de charité.

 

Il est important que dans le conseil pastoral on ne soit pas toujours d’accord ; ça m’agace mais c’est précieux pour un ministère de prêtre.

 

Non seulement les laïcs m’apprennent à être prêtre mais surtout chrétien ; ils m’apprennent à trouver ma place au sein de l’Eglise.

 

Brebis perdue je rends grâce que Jésus en soit le berger.

 

Concrètement les laïcs en vertu de leur baptême, sont prêtres, prophètes et rois : donc offrent le monde à Dieu, proclament la Parole de Dieu, mais en actes, aussi petits soient-ils et là où on est. Partout on peut servir, en cela ils sont en véritable collaboration avec les prêtres.

 

Cela serait dénaturer notre mission que de dire les prêtres n’ont plus le temps alors les laïcs le font. Temps ou pas les laïcs doivent participer à la préparation au baptême, au mariage…en véritable collaboration avec les prêtres.

 

Parfois ils ont en charge des responsabilités que la Mairie leur fait porter, mais qui pourraient être le fait de laïcs.

 

Dans la différence on trouve toujours la fécondité.

 

Propositions de CEV : Responsabiliser les Laïcs, les inciter à exercer leur responsabilité baptismale et leur en donner les moyens «  faire confiance aux laïcs »

– provoquer et animer des rencontres, des formations, pour développer la confiance

– confier les taches et responsabilités d’une grande partie des missions et qui ne relèvent pas de la mission des prêtres

– définir des organisations claires des paroisses (voir plus loin)

– travailler sur l’appel, les conditions de prises de responsabilités

– demander de proclamer une année du laïcat pour travailler et réfléchir sur cette question

 

 

 

III- Une réflexion sur le mode de fonctionnement dans l’Eglise. (Réfléchir sur le thème d’un fonctionnement plus démocratique dans l’église est- ce possible ?

 

1/ Comment des citoyens démocrates abandonneraient-ils  les exigences liées au fonctionnement démocratique en franchissant le seuil de leurs églises ?

 

L’histoire montre à quel point les structures de monarchie ont façonné l’Eglise. N’y aurait-il pas une schizophrénie d’être démocrate dans la vie publique et d’y renoncer dans l’église ?

 

Pourquoi la démocratie ne serait –elle pas possible dans l’Eglise ? La réponse positive semblerait aller de soi. Mais attention de ne pas décalquer cette forme institutionnelle dans l’Eglise sans se poser des questions. Les systèmes démocratiques sont différents les uns des autres, ils ne sont pas parfaits. Qu’est ce que la démocratie ?

Des exigences de démocratie On doit avoir des exigences démocratiques dans l’église : Le peuple n’est pas un troupeau passif Il est fait de « pierres vivantes » Il est fait d’hommes et de femmes animés par l’esprit

 

Ceci n’implique pas que les institutions soient façonnées selon le moule démocratique où le peuple est souverain (il n’y pas d’exigence de contrôler l’action de ses représentants par le biais d’élections régulières).Car elle est l’église du Christ et se reçoit sans cesse de lui.

 

Proposition de CEV : Il faudrait que la réflexion autour des « pouvoirs pour servir » soient davantage éclairés, explicités et partagés au sein de l’Eglise. Un socle partagé et toujours revisité afin que l es baptisés puissent  être des témoins actifs aussi bien dans la société que dans la communauté croyante.

 

2/ Les droits des baptisés

 

Le droit canon leur reconnaît des droits

 

L’église donne dignité à tous ses membres Elle tient chacun pour habités par l’esprit

 

Proposition de CEV Connaître les droits. (On ne connaît pas le droit canon) Les faire valoir. Exiger d’être respecté comme peuple vivant. Des enseignements, des réflexions, des lieux de vigilance (les conseils pastoraux)

 

La nature de l’autorité dans l’église :

Elle ne peut être absolue

Elle est une autorité de service

Elle doit rendre compte de ses actes et de ses paroles devant la communauté croyante car elle n’a d’autre autorité que celle de témoigner de l’Evangile

Elle doit rendre l’évangile actuel et pertinent

Elle doit avoir une parole vive non répétitive non asservissante

 

Les responsables

Les autorités doivent être enseignantes mais aussi enseignées

Elles ont beaucoup à apprendre des fidèles

Elle doit se laisser éduquer par le Christ mais aussi par les réactions des fidèles qui sont imprégnés du même esprit

 

La passivité des fidèles

 

Longue accoutumance de passivité

Obéissance feinte

Le peuple de Dieu, une troupe docile, Inerte

Attitude d’évitement

Ceci renforce l’attitude paternaliste des autorités. Un leurre général

Cercle vicieux : la passivité des fidèles encourageant d’un côté les autorités à s’enfermer dans des positions suffisantes et d’un autre côté à se penser comme au dessus.

Toute prise de position est vécue comme dissidente ;

Toute l’architecture est fausse et creuse : les autorités parlent, le peuple l’ignore (cf. en matière de moeurs…)

 

Conséquences de la passivité

 

Dans l’église comme dans les systèmes politiques : les démocraties glissent dans l’autoritarisme ou la dictature quand les citoyens se désintéressent  d’exercer leurs droits légitimes. L’Eglise s’enfonce dans la passivité d’un côté et l’autoritarisme de l’autre.

 

La vraie nature de l’Eglise

Nécessité de se rapproprier les droits et pouvoirs par les fidèles en fixant bien les règles.

 

Les exigences démocratiques, ce n’est pas vouloir la démocratie dans l’église :

Sortir d’un système paralysant, voire infantilisant

Na pas imposer un système  (démocratique ou autre)

Respecter la volonté du christ

Introduire des exigences démocratiques en prenant au sérieux et en compte la communion des frères et des sœurs qui reconnaissent une autorité si elle est toute entière ordonnée à leur service.

Le système actuel (passivité des fidèles et autoritarisme des autorités) gène  l’annonce de la bonne nouvelle ( perte d’énergie à devoir se confronter à ce système passivité /autoritarisme et contre témoignage)

 

Comment faire évoluer ?

 

Cela ne dépend pas que des communautés locales et pourtant en chaque lieu chacun doit intervenir et s’engager.

C’est la condition pour que les choses bougent et que l’on réponde à ce que veut l’esprit du christ.

 

Proposition de CEV :

Agir au sein des instances : Au sein des paroisses ; Au sein des mouvements ; Au sein d’une dynamique telle que CEV

Rediscuter des modes de désignation des membres des conseils pastoraux (paroisses et auprès de l’évêque)

Définir des chartes de fonctionnement  qui fixent  les  rôles respectifs des conseils

Mettre en place des formations des membres (laïcs et prêtres)

Mettre en place une communication autour des travaux et des propositions des conseils

 

 

 

IV- Réflexions autour de la question du fonctionnement des paroisses à partir de plusieurs rencontres avec des responsables de paroisses

Analyse de CEV sur la vie paroissiale

 

4-1/ Les contextes :

 

Le contexte dans lequel s’inscrit la paroisse parait primordial.  A chaque  situation doit pouvoir correspondre un mode de fonctionnement, une pastorale, un mode de contact, une répartition des rôles différents.

 

Paroisse en milieu urbain, mélange des cultures, présence d’autres formes de vie religieuses d’autres confessions, population vieillissante, présence d’une monde scolaire, passé historique par rapport aux autres églises, vies de quartier en profondes évolutions, tout cela doit nourrir la réflexion de la communauté de croyants qui sont insérés dans ce contexte.

 

Paroisse en milieu rural, changements dans les populations. Villes ou villages qui vivent des rythmes liés aux déplacements des salariés. Désertification de la présence chrétienne. Autres solidarités.

 

A chaque  contexte une réflexion à conduire.

 

Soit la paroisse est un bastion que l’on protége, une communauté qui se réunit «  entre soi » soit le pari est pris de l‘ouverture, du dialogue interculturel et inter générationnel.

 

4-2/ Les décisions qui sont prises relatives aux affectations, regroupements :

 

Le rappel sur les contextes  interroge sur tous les choix qui sont faits de changement de gouvernance ou d’animation des paroisses.

 

Le cas de l’installation d’une communauté religieuse comme à Saint RUF est à questionner (réalisé par CEV).

 

Les changements de prêtres aussi ou l’arrivée de prêtres étrangers.

 

Quelles sont les conditions, le  temps et les méthodes de préparation de ces arrivées ainsi que des modes d’élaboration des décisions ?

 

1/ Propositions  de CEV :

 

Sur le contexte de la paroisse et son évolution : Sociologiquement, il y a manifestement une évolution des quartiers, des populations, des implications des fidèles.

 

On pourrait suggérer (à moins que cela ait été fait et à ce moment là il faudrait que cela soit transparent) qu’un travail soit fait sur l’étude des contextes selon des « modes projet ».  Il ne s’agit pas seulement de déplacer des prêtres et de boucher des trous ou de suppléer à des carences pour rétablir un « mode d’antan ».

 

Il s’agit de mettre à plat les données, de poser un  cadre et de procéder par un diagnostic de territoire (avec l’ensemble des parties prenantes avec la présence indispensable des laïcs) en toute transparence afin de bâtir ensuite un choix de projet qui correspond et au besoin du territoire et au choix pastoraux.

 

Installer un ordre religieux en charge d’une paroisse ou faire venir des prêtres d’origine étrangère n’est pas neutre dans un paysage en recomposition.

 

On rajoute qu’il nous semblerait indispensable, au-delà de la simple démarche sur une seule paroisse, d’étendre une étude générale à l’ensemble du diocèse pour en comprendre la configuration et les évolutions de territoires.

Devraient être associés sociologues, économistes, géographes, économistes pour transmettre une expertise. Un grand chantier à ouvrir.

 

4-3/ L’accompagnement des changements :

 

Nous le disions, l’arrivée d’un ordre religieux dans tel ou tel endroit a bousculé plus d’un et attiré d’autres. Le changement de prêtre ailleurs a eu des effets semblables. C’est donc une forme de recomposition géographique et de forme  de présence qui se joue à chaque prise de décision.

 

Nous nous posons la question de l’accompagnement de tout cela et pour ceux qui arrivent (les religieux- les nouveaux prêtres) et pour les paroissiens.

 

La question pour nous est aussi de savoir comment se passe « le pilotage » des conséquences de tels choix tant du point de vue du demandeur- décideur  (L’évêque) que de la congrégation ou des prêtres qui ont accepté de venir mais aussi de la communauté de fidèles.

 

Proposition de CEV : prévoir un accompagnement spécifique chaque fois qu’il y a changement ou nouvelle donne

 

 

4-4/  L’histoire de chaque  paroisse. La prise en compte de l’histoire dans la réflexion.

 

Le cas de la paroisse Saint RUF : Les avantages de la présence d’un ordre religieux par rapport à un clergé diocésain outre que le clergé diocésain est en diminution ne nous a pas été suffisamment présentée, manque de temps.

 

On a noté (réception de témoignages) que de nombreux paroissiens ont quitté la paroisse lors de changements  alors que d’autres personnes sont venues pratiquer dans cette paroisse attirées par la spiritualité de l’ordre et inversement.

 

Ces recompositions des paroisses en fonction des animateurs interrogent.

 

Il semble qu’il y ait un système de vases communicants qui aurait le désavantage de modifier la donne en matière d’activités concrètes dans les paroisses : on se déplace pour aller célébrer selon ce qui nous plait mais on ne s’inscrit pas dans la démarche de son quartier ;

 

Proposition de CEV : réfléchir sur ce que l’on veut faire de nos paroisses

 

4-5/ L’organisation générale de la paroisse-

 

a) Le rôle des prêtres  dans  la paroisse : la déclinaison des «  fonctions d’enseigner- sanctifier- gouverner ».

 

Les  prêtres se définissent comme étant au service des laïcs. Volonté ferme de travailler avec eux  (voir le verbatim et autres éléments obtenus lors des rencontres)

 

Insistance aussi sur l’aspect mystère de l’Eglise : Qu’est ce que le peuple de Dieu ?  C’est une réalité de foi ;

 

Les prêtres insistent beaucoup sur l’évolution et la diversité des formes d’expression de la foi et sur la nécessité de faire vivre ensemble ces formes d’expression.

 

Sont citées: les communautés nouvelles, le renouveau charismatique, le renouveau charismatique baptismal. Une spiritualité des familles initiée par des laïcs. « Bref un renouveau de la grâce » ; le néo catéchuménat.

 

Il s’agit pour nos  interlocuteurs de «  retourner au fond des choses  et de prendre en compte la grâce d’être baptisés ».

 

b) Le rôle des laïcs dans l’aide à la mission : conception et réflexion

 

 

Il y a une règle d’or qui transparaît des choses entendues, (au moins en parole): le plus possible travailler avec les laïcs mais en équipe.

 

Il s’agit de promouvoir l’engagement des laïcs en équipe en évitant une prise de pouvoir par certains  individus.

 

Par exemple, les Frères de Saint Jean à Saint Ruf indiquent que les laïcs qui veulent prendre des responsabilités ou qui sont associés au sein du conseil presbytéral sont invités à constituer autour d’eux une équipe pour mieux s’ancrer dans la réalité de leur paroisse.

 

c) La pastorale de la paroisse

 

Les orientations de la pastorale sont facilement décrites par les prêtres: avec des nuances ici et là

 

Souhait de susciter une démarche pour les jeunes, chez les jeunes

Faire que les familles soient enracinées dans les paroisses

Fidéliser les familles de recommençants

Fidéliser les enfants

Favoriser l’éveil à la foi

Organiser le rassemblement de jeunes professionnels avec une formation à la foi

Accompagnement des funérailles

Nécessité de travailler sur une pastorale du baptême.

Proposition de CEV : la consultation des laÎcs est essentielle pour la définition de la pastorale de la paroisse. On notera cependant que souvent la pastorale peut dépasser le seul cadre paroissial. Quels sont les lieux de mise en cohérence. Réfléchir et clarifier à la cohérence de la pastorale sur un territoire pour que cela ne dépende pas du seul charisme du curé.

d) Les instances mises en place au sein de la paroisse :

Le Conseil pastoral (fonctionnement- Rôle- nominations- travaux- répartition des responsabilités- modes de prises de décisions)

Les compositions des conseils sont parfois changées à l’occasion de l’arrivée des nouveaux responsables (cf.  Saint RUF au nom d’une règle qu’affichent les frères de saint jean qui consiste à changer les équipes à chaque changement de curé).

Proposition de CEV :

Nous nous posons cependant la question des règles qu’il convient d’appliquer en la matière pour que les nominations dans les conseils ne soient pas décidées unilatéralement.  Certes ce sont les conseils du curé mais au service de la communauté et pour  la communauté. Les membres qui doivent exprimer les différentes sensibilités doivent être désignés pour un temps limité

Faire en sorte que les nominations au sein des conseils paroissiaux soient effectuées dans le cadre de consultations et dans une grande transparence ; Election ?

e) Le fonctionnement du conseil pastoral :

Le fonctionnement des conseils pastoraux apparaît comme trop lié à la volonté du curé, à son mode de management, à ses choix, voire à ses humeurs ;

Est-ce que comme en toute institution humaine il ne convient pas de s’interroger sur le «  professionnalisme » de la conduite d’un groupe.

Les réunions doivent être préparées, les dossiers et l’ordre du jour remis à l’avance, les comptes rendus réalisés et diffusés.

Les modes de prises de décisions doivent être clarifiés selon des principes démocratiques et les décisions suivies d’effets et évaluées ;

Tout ceci ne s’improvise pas tant du point de vue du curé que les membres des conseils

Proposition de CEV :

Organiser des formations ou séminaires sur les gestes et les méthodes qui favoriseront une bonne gouvernance dans la paroisse ;

f) Le conseil pour les affaires économiques

Il se réunit plus ou moins régulièrement. La question est posée de savoir pourquoi les prêtres ont à s’occuper des affaires économiques.

Selon certains prêtres, Il leur semble indispensable qu’une paroisse soit gérée dans un souci pastoral. : « Il y a un droit des biens. Il y a un pouvoir de gouvernement ».

Il y a une forte demande pour que le conseil pour les affaires économiques se réunisse plus souvent pour créer une  l’habitude de travailler ensemble et prendre  des décisions collectivement. Des réunions trop  limitées et trop espacées peuvent réduire le conseil à une simple chambre d’enregistrement.

La question peut se poser aussi sur les articulations entre le conseil pastoral et le conseil pour les affaires économiques. Finalement est ce que tous les enjeux ne sont ‘ils pas traités dans le conseil pastoral et que le conseil économique n’a qu’une fonction bien secondaire.

Proposition de CEV : Ici encore favoriser une vraie compétence dans le fonctionnement des conseils pour les affaires économiques qui passent par une régularité de travail et peut être des formations (au niveau du diocèse ?)

g) Rôle des laïcs – déclinaisons plus précises :Tâches matérielles ; Tâches administratives ; Tâches pastorales : Catéchèse- liturgie –prières communautaires- préparations (baptêmes- mariages- catéchuménat)- formations des adultes- aides spirituelles aux malades et aux personnes âgées- pastoral auprès des jeunes- actions caritatives

Les curés font le constat que les laïcs ont du mal à s’engager.  Ce n’est pas faute disent-ils d’essayer de les mobiliser.

Par exemple à Saint RUF, 500 questionnaires ont été envoyés aux paroissiens avec seulement  125 retours (ce qui entre parenthèse est un chiffre indicatif satisfaisant) ;

Mais au total on pourrait penser que l’engagement dans sa paroisse, lieu de célébration commune de sa foi, pourrait susciter plus d’engagement.

Cette difficulté de mobiliser produit des manques dans l’organisation pastorale ;

CEV

La question de la mobilisation des laïcs est pendante partout. Il semble qu’il y a une habitude de «  consommer » les servies de l’église sans penser, oser, vouloir, s’engager.

Ce sens de l’engagement des laïcs est majeur. Quelle pédagogie faut –il adopter ? Quelles répartitions des rôles inverser ? Est-ce l’histoire de la prise en charge par les prêtres qui n’a pas habitué chacun à se sentir concerné par le service d’église ? Est ce à l’image de notre société qui voit se réduire la militance ? C’est une question à travailler dans un  dialogue avec les instances du diocèse. Mais la réponse vient beaucoup de l’attitude des prêtres qui doivent accepter un redéploiement des rôles

h) La contribution de la vie de la paroisse à la vie du diocèse

La paroisse se met au service du doyenné : ex  0 Saint Ruf pour la pastorale des jeunes ; formation à la vie chrétienne pour les personnes qui demandent les sacrements.

Participation à la pastorale de la culture et à la pastorale diocésaine.

Les réunions du doyenné permettent de diffuser et de recevoir beaucoup d’informations qui alimenteront les travaux des conseils de l’Evêque ;

De nombreuses rencontres de prêtres. Lettres aux prêtres. Les nouvelles technologies ont grandement facilité les échanges (sites Internet- la messagerie)

Proposition de CEV

Rendre transparente l’activité et les réflexions qui se déroulent dans les doyennés. Rendre compte des apports

i) Prospective Les difficultés majeures ressenties, constatées ;

Les bouleversements que traversent l’église appellent à prendre en compte toutes les diversités d’expression : accents nouveaux, appels nouveaux ceci au sein d’une paroisse ce qui n’est pas simple. Comment tenir ce même monde et en faire une communauté en évitant le conflit, l’affrontement, l’évitement.

Sortir d’une conception du prêtre chef de la paroisse (c’est très résumé ) et une communauté qui dépend de lui avec des instances nommées par lui, des décisions arrêtées par lui, une vie liturgique organisée autour du prêtre et de la fonction sacrée du prêtre.

Alors qu’une autre démarche veut se faire entendre qui repose bien davantage sur la vie des laïcs mais aussi des habitants, une présence au monde moins visible, plus ramassée, moins liturgique, plus ancrée sur le service.

Dans le cadre de nos investigations et des relectures qui peuvent en être faites, nous pressentons bien que nous sommes au début d’une réflexion parce qu’au début d’un profond bouleversement ;

V- La mission et le rôle de l’évêque. Sa gouvernance

Dans les  approches que nous avons pu faire, nous n’avons jamais senti la force et la présence spirituelle ou de pasteur de l’Evêque. Les rencontres ont manifesté la souffrance ressentie par la situation de blocage. Certains l’ont dit ouvertement d’autres à demi mots préférant spiritualiser la situation la vivant comme un passage obligé «  voulu par le seigneur ».

La proposition que nous faisons c’est que le mode de gouvernance de l’évêque fasse l’objet d’une réforme profonde.

Si les textes instituent des conseils (épiscopal, presbytéral et pastoral diocésain) il nous semble que c’est notamment en améliorant la désignation des membres de ces conseils et en rendant plus transparentes leurs travaux que nous pourrons avoir la garantie qu’il y a un progrès dans la conduite du diocèse.

 

Proposition de CEV :

Nous proposons particulièrement que le conseil pastoral dans lequel on retrouve des laïcs fasse l’objet d’une réflexion sur :

Le mode de désignation

Sur la formation des membres désignés

Sur la fonction du conseil

Sur les méthodes de travail

Sur la communication externe des travaux

Sur les possibilités de saisine du conseil pastoral

 

VI- La mission des diacres

Quelques contacts ont té pris pour «  travailler «  la question de la présence et de la mission des diacres. Par manque de temps mais aussi en fonction des premières informations recueillies, la question de la place des Diacres ne nous pas parue portée par nos interlocuteurs.

Cette fonction semble éteinte dans l’esprit des uns et des autres c’est-à-dire non significative et non visible (sans du tout remettre en cause la bonne volonté des titulaires° ;

Il n’y a pas de portage pastoral d’une institution qui avait été très portée par l’Evêque précédent.

Proposition : Interroger l’Evêque sur ce grand silence que nous avons «  entendu »

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