Notes prises lors de la conférence de Christian Salençon le 31 mars 2011 sur “Notre Mission à partir de la pensée de Christian de Chergé”

Conférence organisée par le CERCA
Centre Etudes et Réflexion Chrétiennes d’Avignon
27, bd Gambetta
84000 AVIGNON
04 90 16 73 73

Le 31 mars 2011, une très nombreuse assistance est venue écouter la conférence de Christian Salenson organisée par le CERCA.  Il nous a paru intéressant  de vous transmettre les notes que nous avons prises à plusieurs au regard de la qualité et de la densité de l’exposé.

1/ Des préalables : Comment comprendre la mission de l’Église ?

L’expression est pour la 1ere fois employée par Ignace de Loyola.

Avant on parlait de la mission de Dieu. C’est Dieu qui s’est donné une mission vis-à-vis des hommes : leur envoyer son fils.

Pour Dieu, on parle de dessein.

L’être du Père : être la source, inaccessible comme toutes les sources. L’amour dans sa source, source de la vie, de l’amour, du pardon. Si on voit qu’il y a un fleuve, vous savez qu’il y a une source. Mais on ne voit jamais la source, on voit juste le plus haut du ruisseau.

La mission du Fils : Nazareth. Mais il n’y a pas de limite à cela. C’est le Verbe. Le Verbe éternel. Il tient le monde.

Mission de l’Esprit, la voie secrète de Dieu : établir la communion. Etablir  la ressemblance en jouant avec les différences.  Il fait la différence et utilise les différences pour nous faire grandir.

Le Christ se donne aussi à connaître dans d’autres traditions religieuses parce que le Christ est plus grand que Jésus de Nazareth. C’est lui qui nous saisit. Il ne nous a pas laissé les clefs avant de partir. Il continue son action dans le monde. La mission de Dieu continue par les deux bras du Père que sont le Fils et l’Esprit.

Paul VI (Ecclesiam suam) a défini la révélation comme un long dialogue d’amour entre Dieu et les hommes.

Le Verbe de Dieu n’est pas enfermable, il éclaire tout homme. Le Christ traverse les cultures, les religions.

L’islam garde comme une empreinte du visage sacré du Christ. Le Christ n’appartient pas à une église particulière.

Le Christ nous saisit, on ne peut pas le retenir (Marie Madeleine)

La mission de Dieu se poursuit dans le monde, soulève les peuples. Le Verbe éternel parle encore au monde.

Tout se poursuit par le Verbe et par l’Esprit. C’est un dialogue d’amour. Dieu ne cesse d’entretenir un long dialogue d’amour, source et origine. Un long dialogue de Dieu avec les hommes. Dieu s’auto communique.

Le but de la mission de l’Église, ce n’est pas l’Église, c’est le royaume de Dieu, dont elle est germe, signe et instrument. Elle doit être au service du royaume de Dieu, elle ne doit pas être tournée vers elle-même. Se compter c’est un péché (cf. le péché de David : dénombrer le peuple- 2S

SA 24.  Sa conquête des Amériques n’a pas été son moment le plus glorieux.

Le premier signe de Jésus : les noces de Cana : les noces de Dieu et de l’humanité. Le désir de Dieu est de rassembler tous les hommes. Le Christ permet l’Alliance, que l’eau soit changée en vin puis en son sang. Marie, c’est l’Église. Tout ce qui est dit de Marie doit pouvoir être dit de l’Eglise et inversement. : « Ils n’ont plus de vin ». Elle va intercéder, et puis dire : «  faites tout ce qu’il vous dira » et non « ce que je vous dirai ». La mission de l’Église doit être humble et nécessaire. Elle doit être préoccupée du royaume de Dieu, pas d’elle-même. Quand l’Église se préoccupe d’elle même, elle porte déjà les stigmates de la mort.

Le rôle de l’Eglise n’est pas de s’opposer, mais de  tenir la main des autres croyants. Prendre par la main. Être signe de l’unité des hommes entre eux. Regardez ce si beau moment  du rassemblement des religions convoqué à Assise par Jean-Paul II, pour prier ensemble, qu’il justifie devant la Curie romaine, le 22décembre 1986.

Cardinal Ratzinger (1992) : à propos de la nouvelle évangélisation. Une tentation d’être impatiente. Ne pas chercher le succès. La parabole du grain de sénevé doit être notre feuille de route. Les choses importantes commencent par une petite graine.

2/ La mission selon Christian de Chergé

Pas de prosélytisme. Mission reçue d’un musulman qui lui a sauvé la vie. C’est de lui qu’il reçoit sa vocation de moine.

Une conversion de Christian de Chergé au projet de Dieu sur lui.

Se convertir, ce n’est pas changer de religion, C’est se tourner vers Dieu

La conversion, c’est Dieu d’abord qui se tourne vers l’homme. Il y a un penchant de Dieu vers l’homme.

1) Christian de Chergé part de la foi en la parole : « Tout est accompli ». Un moine a un pied dans l’éternité : on est déjà dans le cœur de Dieu. C’est déjà gagné.

L’humanité est sauvée.

2) La mission prend la forme de la Visitation, arche de la rencontre. Marie reine des apôtres. Reine de la rencontre, porteuse de la bonne nouvelle. Il va s’opérer quelque chose à cause de la parole de Dieu. La rencontre fait vibrer, comme les deux enfants dans les ventres des 2 mères.

La mission, art de la rencontre de l’autre. Marie rencontre d’abord Elisabeth et ensuite elle dit le Magnificat : la rencontre fait découvrir ce que l’on croit.

L’apôtre c’est quelqu’un qui va essayer de vivre humblement de la rencontre.

3) La mission c’est vivre la fraternité universelle. Sans limite. Dire « Notre Père », sans aucune exclusive.

Être le gardien de nos frères. « Cet homme doit pouvoir découvrir en lui autre chose que ce qu’il est devenu. Au monastère, on parlait des « frères de la montagne » et des « frères de la plaine ». Le vrai défi c’est de rester ancré dans la fraternité. De ne pas aimer que quelques hommes.

Rester dans la fraternité pour rester chrétiens.

4) La mission, c’est « être priant parmi les priants ».

C’est la devise de Tiberine qui, en 1975, a remplacé celle de 1843 « Par l’épée, la croix, et la charrue ».

L’annonce fait partie de la mission mais la fraternité c’est le premier mouvement, au jugement ultime ce sera la mesure. Dans la prière être en communion de prière avec les frères. Nous devons sortir d’une certaine modernité revue par les médias et l’ambiance générale, nous désintoxiquer.

La seule prière dans l’Évangile que Dieu ne reçoit pas est celle du pharisien qui se regarde et admire ce qu’il fait.

Quand nous disons « Notre Père » nous ne nous adressons pas au Père des catholiques, ni même des Chrétiens. Nous le disons en tenant la main de tous les autres hommes.

Le Christ nous prend pour être ses amis. Porter en nous la vie du monde. Tenir par la main les autres. Une fraternité sans exclusive. Etre des sacrements dans le monde.

5) La question du témoignage. C’est d’abord ce qui se voit. Le témoin ce n’est pas celui qui sait, mais celui qui a vu. C’est de vivre et de voir ce qui est de beau dans le monde.

La mission n’est pas une entreprise de ceux qui savent vers ceux qui ne savent pas. A Vatican II, l’Eglise s’est définie comme sacrement. Or un sacrement, c’est le signe efficace d’une réalité en devenir, celle de l’unité de l’humanité.

Mais un contre-signe, cela peut faire beaucoup de mal. Il s’agit de « marcher humblement avec son Dieu »

Réponses aux questions :

Rentrer avec le Christ dans le don de sa vie. Le témoignage de vie est plus important que le don de la parole. C’est le christ qui permet l’alliance. La volonté du père c’est que les hommes soient sauvés.

Jésus c’est le Christ. Mais le Christ est plus grand que Jésus. Le Christ est à voir dans la totalité de l’histoire.

La prière : attitude profonde. La prière, c’est l’ouverture du cœur Volonté d’être dans une ouverture. La vraie question, c’est l’ouverture à l’autre.

Avoir foi dans la mission de l’Eglise. Compagnonnage du Christ. Etre planté avec lui au milieu du monde.

Ne pas faire l’impasse sur l’altérité. L’autre est autre. On a peur de l’altérité. Et pourtant c’est une chance pour notre temps.

L’Église c’est la communion des saints. Voir dans l’Apocalypse. Il nous faut avoir une vision très large. Il s’agit de rendre visible la communion des saints ici.

Ne passons pas trop de temps et d’énergie aux questions de fonctionnement institutionnelle de l’Église. Laissons. Allons sur les vrais enjeux et la vraie Mission que nous tenons du Christ.

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