Le goût de l’Evangile, Quelques questions que ma foi pose à mon Eglise

Le goût de l’Evangile, Quelques questions que ma foi pose à mon Eglise,

Jacques Noyer, 145p. éd. Temps présent, 2020

Jacques Noyer, 93 ans, évêque émérite d’Amiens, est décédé en Juin 2020, alors qu’il rédigeait le dernier chapitre de l’ouvrage. Il a traversé près d’un siècle d’Eglise, et nous livre ses réflexions en forme de bilan mais aussi d’attentes.

J’ai apprécié ce livre pour son ton apaisé joint à une lucidité sans acrimonie sur les évolutions d’une Eglise dans laquelle il a vécu, de l’enfance à l’après Vatican II actuel, et dans différentes positions de responsabilité. Il y tient des propos tranquillement critiques et éclairants.

Quelques citations suffiront à présenter à la fois le ton de l’ouvrage et son invitation à penser notre Eglise dans ses différents états :

Avant Vatican II

« Nous voulions être des prêtres d’un nouveau style, des prêtres plus proches des gens, des prêtres plus pasteurs qu’enseignants. »

Vatican II

« L’ouverture du concile, la conversion des évêques qui s’y opéra, le nouveau regard porté sur la liturgie, le ministère, la Parole de Dieu, la mission dans le monde, tout cela mettait joie et enthousiasme dans mon cœur de croyant. »

Dix ans après Vatican II

« Le concile Vatican II perdait de son actualité et les papes qui se sont succédés ont doucement encensé le concile pour mieux l’enterrer. (…) Dans la célébration, les clercs auront chassé les laïcs du cœur, on communiera sur la langue, les chants seront réservés aux chanteurs et les femmes prépareront le lunch pour ceux qui se sont déplacés de loin. »

« Au milieu du gué, on s’est affolé, et le gros de la troupe a regagné la rive. Les quelques audacieux qui avaient traversé se sont trouvé perdus, isolés : ils avaient quitté l’Eglise sans le vouloir. »

« Je reste profondément attaché à l’idée que notre Eglise doit changer de visage, doit renoncer à surplomber le monde, doit dire l’Evangile dans de nouveaux langages. »

Et maintenant…

« C’est alors que la figure du pape François se lève à l’horizon. Il porte lui aussi le rêve d’une Eglise libérée de ses soucis de forteresse assiégée pour porter la parole de Dieu dans les périphéries de nos sociétés. »

L’ouvrage poursuit la réflexion dans des chapitres traitant de l’historicité de la transmission du message évangélique (« La Bonne Nouvelle à l’épreuve du temps »), du baptême (« Le baptême à administrer »), de la position morale de l’Eglise (« La morale et le pardon »), du mariage et du célibat des prêtres («Autour de la sexualité »), de la Bible (« La Parole de Dieu dans un Livre »), de la célébration (« La messe, cœur de la vie chrétienne »), la vie de la foi (« L’initiation à la vie spirituelle »), de la place du clerc (« Le statut du prêtre »).

Une lecture tonique qui ouvre de nombreux chantiers…

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