La Conférence des Evêques de France prend une position stupéfiante dans l’affaire ROSMERTA !

Interpellée par «  Chrétiens en Vaucluse » la Conférence des évêques  de France (CEF) confirme avoir conseillé à Monseigneur CATTENOZ d’interjeter appel  de la  décision du Tribunal d’Avignon dans l’affaire ROSMERTA (voir le texte de la CEF ci-dessous). Elle donne quitus à l’Archevêque d’Avignon de sa «  gestion »  sur la question des migrants. La CEF valide le refus de l’Archevêque de toute rencontre avec Rosmerta.

L’information dont dispose la CEF n’est manifestement pas à jour, elle date de janvier 2018, or le jugement du tribunal en date du 28 octobre 2019 accordant un délai de 3 ans à Rosmerta apporte d’autres éléments apparemment ignorés de la CEF :

Citation de l’ordonnance du Tribunal : ” Il est (…) manifeste qu’au regard de leur situation irrégulière et de leur isolement sur le territoire national, les personnes hébergées dans l’immeuble litigieux, sous couvert de l’Association Rosmerta ne disposent en l’état d’aucune solution de relogement décent et digne et ont besoin pour ce faire d’un délai. Or, l’Association Rosmerta justifie suffisamment  des démarches engagées, d’une part pour la légalisation de la prise en charge des personnes hébergées par ses soins dans l’immeuble litigieux, et d’autre part auprès de l’Association diocésaine en vue d’une légalisation de l’occupation des lieux soit à titre de locataire, soit à titre de nouveau propriétaire, l’immeuble étant mis en vente par la demanderesse.”

Ce message de la CEF est pour nous une grave erreur (voire une faute)  qui va à l’encontre du message d’hospitalité du Christ. Dans le même temps le Pape François installait au cœur du Vatican un crucifix vêtu d’un gilet de sauvetage retrouvé en Méditerranée. Deux attitudes totalement opposées….chacun jugera.

Texte de la conférence des Evêques de France : 

 De : Secrétariat Général CEF [mailto:secretariat.general@cef.fr]
Envoyé : jeudi 19 décembre 2019 21:09
À : chretiens en vaucluse <chretiens.vaucluse@gmail.com>
Objet : RE: Monseigneur CATTENOZ- Procédure d’appel dans l’affaire ROSMERTA- AVIGNON

Au comité d’animation du mouvement Chrétiens en Vaucluse

Bonsoir à vous

Suite à votre interrogation formulée par mail le 18 décembre, nous vous confirmons que la CEF a bien conseillé au diocèse d’Avignon d’interjeter appel du jugement du tribunal d’Avignon rendu en octobre 2019.

Les actions de l’Eglise en faveur de l’accueil des migrants sont très notables et elles mobilisent des moyens importants dans les diocèses et les paroisses. Le diocèse d’Avignon est notoirement mobilisé sur cette question, et nous savons votre motivation dans ce domaine de solidarité essentielle.

La Conférence des évêques de France, consciente de l’action des diocèses de France pour l’accueil des migrants, ne peut pas laisser s’installer une jurisprudence qui valide le fait le que les biens immobiliers diocésains puissent être occupés illégalement, qui plus est sans aucune indemnité d’occupation. Si ces actions sont initiées dans des locaux diocésains, elles ne peuvent se déployer qu’à l’initiative de l’Eglise ou avec son accord, dans le cadre du respect de la légalité et sans recours à la violence contre les biens. Les diocèses et les associations catholiques spécialisées déploient, par ailleurs, un savoir-faire spécifique pour un accueil véritable des personnes migrantes ; cela appelle une vigilance et une responsabilité que l’Eglise doit toujours endosser. En l’espèce, l’illégalité de cette occupation interdit toute action d’amélioration des conditions d’accueil de ces personnes qu’il est indigne d’associer à cette violence et de laisser, elles-mêmes, dans cette situation illégale.

Comme vous le savez et comme cela s’est pratiqué dans nombre de diocèses avec succès, une intervention auprès des pouvoirs publics pour organiser une solution de relogement des occupants a été entreprise. Et malgré l’échec de cette intervention, le diocèse reste soucieux du sort des personnes concernées. Comme le diocèse le rappelle d’ailleurs, lors d’une réunion avec l’association Rosmerta en janvier dernier, M. le Préfet et les services de l’État avaient confirmé qu’ils étaient en mesure de prendre en charge les migrants hébergés.

En toute hypothèse, le diocèse a déjà démontré sa patience et sa solidarité, et les délais de l’appel vont venir s’ajouter à l’année déjà écoulée. Cet appel ne se traduira pas en une quelconque expulsion dans les mois à venir et il n’est pas acceptable de laisser entendre le contraire !

Pour ses raisons, il est du devoir du diocèse de ne pas laisser perdurer cette situation illégale, encore moins d’en être complice.  Le diocèse ne peut pas cautionner une association qui, de plus, n’apporte aucune contrepartie aux charges qui doivent toujours être assumées par la paroisse.

Faire valoir ses droits au terme d’une occupation illégale aussi longue est autant une question de justice que de véritable charité.

Merci de bien vouloir prendre en compte ces éléments d’information.

Fraternellement

Père Thierry Magnin

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Père Thierry MAGNIN

Secrétaire Général et Porte-Parole

de la Conférence des évêques de France

https://chretiens-en-vaucluse.com-Contact : Chretiens.vaucluse@gmail.com

 

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