Exorcisme suite…

Nous nous interrogeons:

  • -comment le mot “exorcisme” est entré dans le déroulement?
  • quel est ce laïc appelé auprès de l’exorciste en titre, et pourquoi a-il-été mandaté?
  • que venaient chercher les personnes présentes (prière, conversion…) et comment ont-elles été réunies ?
  • l’évêque était-il présent comme le dit le journaliste?
  • s’il devait y avoir des précisions ou des désaccords avec le journaliste, pourquoi n’y a-t-il pas eu de mise au point rapide et explicite après la publication des deux journaux?

CEV

Ci-dessous l’article de La Provence du 23 septembre 2014:

Exorcisme et patrimoine, un mélange de genre qui dérange

Avignon / Publié le Mardi 23/09/2014 à 05H29

Ouverte au public, la collégiale accueillait dans le même temps un prêtre exorciste

1/2

Drôle de mélange des genres samedi dernier à la Collégiale Saint-Martin. Pas fait exprès, pour le Père Berger, curé de la paroisse du nord-Vaucluse. Photos J.P.

Prec. Pause Suiv.

Le programme officiel des Journées du patrimoine à la Collégiale Saint-Martin de Bollène faisait état d’une exposition de photos de sa restauration intérieure. Elle y était effectivement, mais c’est un autre spectacle qui a choqué quelques-uns des visiteurs présents : une “prière d’intercession et de délivrance/exorcisme”, selon les termes employés dans le communiqué figurant sur le site internet de la paroisse de Bollène.

La séance était menée par le Père Gabriel Picard d’Estelan, prêtre exorciste du diocèse, assisté par Frédéric Lacroix, “un laïc, qui a reçu la mission de Dieu dans l’obéissance à l’Église, de combattre les infestations du Mal au nom de Jésus-Christ”, selon le Père Gabriel Picard d’Estelan (voir notre édition du 27 août et un sujet dédié à la fonction de prêtre exorciste).

De fait, les touristes en quête de vieilles pierres voire de recueillement, ont eu à voir certains fidèles en transe, criant ou pleurant. Le tout en présence de Monseigneur Cattenoz, évêque d’Avignon. Rien de volontaire là-dedans pour la paroisse, laquelle indiquait par la voix du Père Berger que la concomitance entre cette séance et les Journées du patrimoine n’était pas “faite exprès.”

“Un télescopage malheureux”

Si les séances d’exorcisme font, à part entière, partie du culte catholique, c’est bien cette concomitance avec un événement ouvert au grand public qui dérange.

Anthony Zilio, président PS de l’intercommunalité Rhône-Lez Provence et conseiller d’opposition à Bollène, se dit “profondément choqué, comme beaucoup de Bollénois et de touristes, par l’utilisation faite, ici à Bollène, des Journées européennes du Patrimoine. Ces journées n’ont pas vocation à initier des rites religieux de quelque religion que ce soit. Je ne mets pas en cause cette pratique qui relève d’une religion car je respecte toutes les religions dès lors qu’elles s’exercent dans le cadre privé. Mais ce n’était pas le cas samedi dernier.”

Du côté de la Ville, maître d’oeuvre du programme des Journées du patrimoine, on reconnaît, par la voix du directeur de la communication Jean Vallier, “un télescopage malheureux. On n’ignorait pas l’existence de cette cérémonie, initialement présentée comme un temps de chants et de prières, mais on ne l’a pas relevé quand nous avons validé les programmes des Journées du patrimoine. Nous comprenons que les visiteurs aient pu être surpris et gênés, car les séances de ce genre sont des événements extraordinaires et inhabituels. Mais ils auraient aussi pu tomber sur un baptême ou un mariage. La vie de l’église ne s’arrête pas parce qu’il y a les Journées du patrimoine. De plus, la Ville n’a pas à prendre partie sur ce que fait le curé dans son église. Il est vrai que nous en sommes propriétaires, mais le curé est affectataire.”

Un dernier point contesté par Anthony Zilio, “quand on sait que c’est le contribuable qui a financé pour bonne partie la rénovation de la Collégiale Saint Martin, jusqu’à 23 000 de frais d’inauguration. Il aurait été plus mesuré de dire que ce bâtiment appartient aux Bollénois et qu’ils ont leur mot à dire quant à son utilisation.

Le reste du week-end, à la Collégiale, était notamment occupé par deux concerts. Dont on ignore s’ils ont adouci les moeurs bollénoises.

Nicolas Lavergne

Article du Vaucluse Matin du 22 septembre 2014:

BOLLÈNE : Ce samedi après-midi à la collégiale Saint Martin, en même temps que les 31e Journées européennes du patrimoine

Un prêtre exorciste combat les infestations du Mal

Les visiteurs pour les Journées du patrimoine qui ont choisi de se rendre hier en début d’après-midi à la collégiale Saint Martin pensaient découvrir une exposition de photos sur “la restauration des intérieurs” de l’édifice. Mais certainement pas voir des gens sur le parvis en train de vomir, en pleurs. Ils se voient alors redirigés vers d’autres sites. Mais certains s’engagent quand même à l’intérieur. En entrant, c’est la stupéfaction. Sous leurs yeux, des personnes gesticulent les mains levées vers le ciel, d’autres tombent, inanimées, en prière devant le Saint Sacrement et les visiteurs se demandent alors s’il ne faut pas appeler les pompiers.

 

Une cérémonie avec un exorciste du diocèse

Ils découvrent des prêtres en confession dans les chapelles latérales, des séances d’exorcisme par un prêtre du diocèse, le père Gabriel Picard d’Estelan et Frédéric Lacroix, « un laïc qui a reçu la mission de Dieu dans l’obéissance à l’Église, de « combattre les infestations du Mal au nom de Jésus Christ », selon les termes du communiqué de la paroisse de Bollène annonçant l’événement.

« Frédéric Lacroix est très connu, explique Myriam, une paroissienne. Il est venu avec le père Gabriel Picard d’Estelan, un prêtre exorciste du diocèse. C’est une journée d’adoration qui a commencé tôt ce matin. » Une journée “d’eucharistie, de délivrance ”organisée par le diocèse d’Avignon et à laquelle participait Monseigneur Cattenoz, archevêque d’Avignon.

Du côté des visiteurs, l’incompréhension domine. «C’est difficile de visiter. Il y a des confessions dans les chapelles. C’est compliqué pour voir l’exposition. » Il est 16 heures, la cérémonie touche à sa fin. Le Bollénois René Rubio et son épouse arrivent. «Nous sommes venus à 14 h 30 pour découvrir la collégiale. Nous sommes rentrés et avons un petit peu écouté. Voyant qu’il y avait une cérémonie, nous sommes repartis. Nous ne savons pas vraiment en quoi elle consiste. ».

 

Clémentine CHAZOTTES et Virginie SANCHEZ

Le 1eradjoint : « Le prêtre fait ce qu’il veut dans son église »

Claude Raoux, 1er adjoint de la ville de Bollène, était présent sur site un p eu plu s tard dans l’après midi : « Le prêtre est affectataire de son église, dit-il, il y fait ce qu’il veut. Il y a eu une incompréhension par rapport à l’organisation car on nous avait parlé de “temps de prières et de chants” qui ne gêneraient en rien les visites. ». Georgette Simon, responsable du service patrimoine, explique que des réunions ont été organisées en avril, avec tous les participants, au cours desquelles la mairie a fait part de son intention d’ouvrir les portes de la collégiale au public après des années de travaux. C’est là qu’elle a appris qu’une journée “de prières et de chants” était prévue.

Il a alors été demandé au père Emmanuel Berger de changer la date mais ce dernier a répondu que ce n’était pas possible car celle-ci avait été arrêtée depuis longtemps avec Monseigneur Cattenoz.

Il fut ainsi convenu de libérer la collégiale à 16 h 15 pour laisser les visiteurs aller et venir librement pour l’exposition et les visites guidées. « Une action qui n’est pas incompatible avec les Journées du

patrimoine ». Contactée, la communication de la mairie a indiqué qu’une action était en effet prévue de longue date mais qu’elle n’était pas incompatible avec ce weekend dédié au patrimoine. « Il est possible qu’il y ait eu incompatibilité d’horaires entre les deux activités », admet-elle. Mais celle-ci de relativiser en indiquant que « la vie de l’église ne s’arrêtait pas avec les Journées du patrimoine.»

V.S. et C.C.

 

Le père Emmanuel Berger : « Ce n’était pas fait exprèsmais c’est bien tombé »

Informé de la frilosité de certains visiteurs à franchir le seuil de la collégiale en ces Journées du patrimoine compte tenu de ces séances d’exorcisme, le père Emmanuel Berger, le prêtre de Bollène, indiquait hier qu’il s’agissait « d’un temps de prières et de délivrance. Des séances, précise-t-il, qui ont lieu trois fois par an dans le département.

Exorcisme, le mot est peut-être un peu fort. Ce n’était pas fait exprès. Cette journée est programmée depuis le 5 avril dernier. Au départ je ne m’étais pas rendu compte que cela coïncidait avec les Journées du patrimoine. C’était programmé, il n’était pas possible de décaler la date. Mais c’est bien tombé et c’était ouvert à tout le monde.». Pour l’archevêque, Monseigneur Cattenoz : « Ces personnes en prière devant le Saint Sacrement disent qu’elles voient une lumière et tombent. Mais toutes ne réagissent pas de la même façon.». Le diacre de Bollène, Guy Humbel, précisait de son côté que « tout ceci n’a rien de sectaire, il existe un prêtre exorciste dans chaque diocèse. Cela s’est fait dans d’autres paroisses. Jésus a bien dit “allez chasser les démons”. Alors aujourd’hui on chasse les démons, c’est un rituel dans l’église depuis la nuit des temps. Mais c’est vrai, manifestement, que certains qui sont venus voir l’exposition avaient l’air surpris. ». Plus que surpris même car certains ont été carrément freinés et ne sont pas revenus plus tard.

V.S. et C.C.

 

 

 

 

Print Friendly, PDF & Email
Ce contenu a été publié dans Les documents de réflexion. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Exorcisme suite…

  1. Davin dit :

    Bonjour,

    Puisque je tombe sur votre site et sur vos interrogations concernant la journée du samedi 20 septembre sur Bollène à laquelle je participais, je viens simplement répondre à votre troisième question.
    Cette journée était annoncée sur le site du diocèse, et par la lettre d’information de la paroisse de Bollène. La présence de Monseigneur Cattenoz était annoncée, ainsi que celle de Frédéric Lacroix et du père Gabriel, exorciste du diocèse.
    Je me suis rendue à cette journée pour prier et louer le Seigneur, en Eglise.
    Je ne connaissais pas du tout Frédéric Lacroix, et n’avais jamais entendu parlé de lui; ce que j’ai vu ne m’a pas particulièrement étonnée, Frédéric Lacroix a simplement un charisme. Beaucoup de personnes tombaient tout simplement dans le repos dans l’Esprit, cela est très connu dans les mouvements charismatiques qui, je le rappelle, font partie de l’Eglise et sont reconnus par le Vatican; je n’ai personnellement vu que deux personnes présentant effectivement des mouvements particuliers. Personnellement je n’ai vu personne vomir, et tout s’est déroulé dans le calme.

    En union de prière,
    Mme Davin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *